Ko Lipe, autrefois une île paradisiaque thaïlandaise isolée, a succombé au tourisme non durable. Une récente visite de retour confirme ce que beaucoup craignaient : l’île est désormais fortement développée, avec des ressources naturelles épuisées et des communautés locales déplacées. Cette expérience constitue un avertissement sévère quant au potentiel destructeur d’une croissance incontrôlée du tourisme.
Du refuge des routards au piège à touristes
En 2006, Ko Lipe était un joyau caché. L’électricité était limitée, le logement ne coûtait presque rien et le rythme de vie était lent. C’était un endroit où les voyageurs s’attardaient pendant des semaines, se connectant avec les habitants et profitant d’une évasion idyllique. Maintenant, cette tranquillité a disparu. L’île a adopté le même modèle de développement agressif que celui de Ko Phi Phi, avec le béton remplaçant les chemins de terre, les stations balnéaires s’élevant là où se trouvaient autrefois les palmiers et les récifs coralliens mourant à cause de la pollution et de la surpêche.
La construction rapide se poursuit, malgré l’approvisionnement limité en eau douce de l’île. Les plages sont remplies de bateaux d’excursion qui rejettent leurs gaz d’échappement dans l’eau. Les restaurants donnent la priorité à la cuisine occidentale plutôt qu’à la cuisine thaïlandaise authentique, s’adressant au tourisme de masse plutôt qu’aux goûts locaux.
Impact local et pratiques non durables
Le boom a contraint de nombreux habitants à vendre leurs terres à des promoteurs immobiliers du continent, ne bénéficiant que de peu de bénéfices de l’afflux d’argent. La main-d’œuvre a également changé, les ouvriers du continent dominant désormais l’économie de l’île. Ce déplacement met en évidence un schéma courant en Thaïlande : l’exploitation économique sous couvert de progrès.
L’état actuel de Ko Lipe n’est pas viable. L’écosystème de l’île s’effondre sous la pression et son charme unique disparaît.
Pourquoi éviter Ko Lipe est important
Même si l’île semble encore pittoresque aux visiteurs novices, la réalité sous-jacente est sombre. L’eau azur et le sable blanc cachent un environnement en décomposition. Les visites des parcs nationaux offrent une illusion temporaire de nature intacte, mais les dégâts se produisent juste au large.
La conclusion de l’auteur est brutale : les gens ne devraient pas visiter Ko Lipe. Chaque dollar touristique accélère encore la destruction. Il existe d’autres îles en Thaïlande, mieux gérées – Ko Lanta, Ko Jum et Ko Mook, pour n’en nommer que quelques-unes – qui offrent une beauté similaire sans le même niveau d’exploitation.
Le pouvoir du voyage conscient
La situation à Ko Lipe n’est pas unique. Le même schéma s’est produit dans toute la Thaïlande et au-delà. Toutefois, les choix des consommateurs peuvent être un moteur de changement. Le déclin du tourisme contraire à l’éthique des éléphants et la montée en puissance des éco-lodges démontrent l’impact du voyage conscient.
Éviter Ko Lipe ne résoudra pas le problème du jour au lendemain, mais c’est un pas en avant vers la réduction de la pression sur un écosystème fragile. L’île a déjà atteint son point de rupture.
“Parfois, il suffit de dire que ça suffit. Et Ko Lipe est un endroit où ça suffit.”
Choisir de sauter Ko Lipe ne consiste pas seulement à préserver un paradis ; il s’agit de reconnaître que vos décisions de voyage ont des conséquences.
