Après près de six ans sans nouvel accord, les agents de bord d’United Airlines sont sur le point de recevoir d’importantes augmentations de salaire dans le cadre d’un contrat nouvellement négocié. L’accord, totalisant 425 pages, prévoit des salaires de base parmi les meilleurs du secteur, des salaires rétroactifs et des avantages sociaux améliorés, mais il comprend également des concessions sur le partage des bénéfices et la flexibilité des horaires qui pourraient ne pas satisfaire tous les membres.

Gains salariaux : une amélioration historique

L’accord portera le salaire de base de United au niveau le plus élevé du secteur, avec une augmentation globale d’environ 30 %. Au-delà des taux horaires, les agents de bord recevront désormais une demi-salaire pour le temps d’embarquement – ​​une pratique lancée par Delta Airlines, une organisation non syndiquée – et une prime à la signature de 740 millions de dollars pour compenser les années sans augmentation. Cela se traduit par une amélioration immédiate et substantielle du niveau de vie des membres d’équipage à partir de juin prochain.

Cependant, la formule de rétrogradation n’est pas entièrement rétroactive à la date d’expiration du contrat précédent et ne tient pas compte de l’érosion des salaires en période de pandémie. Au lieu de cela, il prévoit un paiement forfaitaire de 4 % de septembre 2021 à 2024, suivi de 22 % pour 2025 et d’un paiement supplémentaire pour les cinq premiers mois de 2026.

Participation aux bénéfices : un pas en arrière

Malgré les gains salariaux, la formule de participation aux bénéfices de United sera moins généreuse que celle de Delta et d’American Airlines. Alors que United et ses concurrents fonctionneront selon une répartition de 10 %/20 % pour les bénéfices dépassant 2,5 milliards de dollars, le système de United s’applique aux bénéfices de l’année précédente, ce qui le rend moins avantageux dans les années où les revenus sont élevés. Le pool de participation aux bénéfices de Delta a distribué 1,3 milliard de dollars en 2026, soit près du double du montant probable dans le cadre de la structure de United. Cet écart pourrait entraver les futurs efforts de syndicalisation du syndicat à Delta, où les équipages non syndiqués bénéficient de conditions de participation aux bénéfices plus favorables.

Planification : une opportunité manquée de modernisation

Le contrat n’inclut pas de système d’enchères préférentielles (PBS) pour la planification, malgré les pressions de United en faveur de ce système. PBS permet aux agents de bord de faire une offre pour les appariements, les escales et les horaires préférés, plutôt que de se voir attribuer des lignes mensuelles prédéfinies. Bien que le PBS présente des inconvénients – complexité, imprévisibilité et courbe d’apprentissage – il s’agit d’une pratique courante chez les concurrents et offre à l’équipage un plus grand contrôle sur son équilibre travail-vie personnelle.

L’insistance de United sur le PBS était probablement une tactique de négociation, permettant au syndicat de le rejeter et de revendiquer une victoire sans sacrifier de réelles concessions. L’absence de PBS signifie que les agents de bord continueront de s’appuyer sur le système traditionnel d’enchères en ligne, qui peut être rigide et moins adaptable aux besoins individuels.

Clause de portée : United gagne en flexibilité avec les compagnies aériennes régionales

Pour garantir les augmentations de salaire, le syndicat a accepté d’assouplir les restrictions de portée, permettant à United de posséder une compagnie aérienne régionale sans exiger que les agents de bord des lignes principales y travaillent. Cela correspond aux normes de l’industrie – Delta, Alaska et American Airlines exploitent toutes des filiales régionales – mais soulève des inquiétudes quant à d’éventuels transferts d’emplois vers des transporteurs régionaux à moindre coût. Toutefois, les limites contractuelles imposées aux vols régionaux atténuent ce risque dans une certaine mesure.

Conclusion

Le nouveau contrat des agents de bord de United représente une victoire majeure en termes d’amélioration des salaires directs. Malgré les compromis en matière de partage des bénéfices et l’absence d’outils de planification modernes, l’accord génère des gains financiers importants pour les membres d’équipage. L’accord devrait être adopté, offrant un soulagement attendu depuis longtemps après des années de stagnation des salaires. Même s’il n’est pas parfait, il constitue une amélioration substantielle par rapport à l’accord précédent, abordant enfin l’érosion du niveau de vie due à l’inflation et aux augmentations tardives.