Les récentes déclarations de procuration des principales compagnies aériennes américaines ont levé le voile sur la rémunération des dirigeants pour 2025, révélant un paysage de rémunérations massives de plusieurs millions de dollars. Même si le secteur a connu une forte volatilité ces dernières années, les derniers chiffres mettent en lumière une dure réalité : les PDG des compagnies aériennes sont rémunérés à des niveaux qui semblent souvent déconnectés des faibles marges typiques du secteur de l’aviation.
L’augmentation des salaires post-pandémique
Pour comprendre les chiffres actuels, il faut s’intéresser au contexte réglementaire du début 2022. Entre 2020 et début 2023, la rémunération des dirigeants des compagnies aériennes américaines a été strictement plafonnée en raison de la CARES Act. Cette aide fédérale, fournie pour maintenir les compagnies aériennes à flot pendant la pandémie, était assortie de conditions : les PDG étaient limités à un maximum de 3 millions de dollars de salaire de base, plus une formule spécifique pour des incitations supplémentaires.
Avec l’expiration de ces restrictions, nous avons assisté à une « normalisation » des salaires – ce qui signifie dans ce cas-ci un retour aux rémunérations élevées typiques des grandes entreprises publiques américaines.
Répartition des rémunérations 2025
Les données suivantes retracent la rémunération totale des dirigeants des « Big Four » compagnies aériennes américaines. Il est important de noter que ces chiffres représentent la rémunération totale, qui comprend le salaire de base, les incitations en espèces et, plus important encore, les attributions d’actions.
| Compagnie aérienne | PDG | Salaire total 2025 | Salaire total 2024 | Salaire total 2023 | Salaire total 2022 |
|---|---|---|---|---|---|
| United Airlines | Scott Kirby | 32,3 M$ | 33,9 millions de dollars | 18,6 millions de dollars | 9,8 millions de dollars |
| Delta Air Lines | Ed Bastian | 19,2 M$ | 27,1 millions de dollars | 34,2 millions de dollars | 9,6 millions de dollars |
| Southwest Airlines | Bob Jordanie | 16,6 M$ | 10,6 millions de dollars | 9,3 millions de dollars | 5,3 millions de dollars |
| American Airlines | Robert Isom | 13,9 M$ | 15,6 millions de dollars | 31,4 millions de dollars | 4,9 millions de dollars |
Tendances clés et moteurs de performance
Les données révèlent des parcours divergents pour les hauts dirigeants du secteur, souvent directement liés à la valeur actionnariale et à la performance boursière.
Le leader : United Airlines
Scott Kirby reste le PDG le mieux payé de ce groupe. Son enveloppe de 32,3 millions de dollars est fortement axée sur les capitaux propres, dont 22,6 millions de dollars en actions attribuées. Ce niveau élevé de rémunération reflète la solide trajectoire financière de United et la solide performance boursière, qui sont les principaux indicateurs utilisés par les conseils d’administration pour récompenser le leadership.
La tendance à la baisse : Delta Air Lines
Contrairement à la tendance générale à la hausse observée depuis la pandémie, Ed Bastian a vu sa rémunération diminuer considérablement par rapport à son sommet de 34,2 millions de dollars en 2023, pour s’établir à 19,2 millions de dollars en 2025.
L’étoile montante : Southwest Airlines
Bob Jordan a connu l’augmentation relative la plus spectaculaire. Sa rémunération a augmenté régulièrement, passant de 5,3 millions de dollars en 2022 à 16,6 millions de dollars en 2025, une tendance qui correspond à l’amélioration de la valeur des actions et de la stabilité opérationnelle de Southwest.
La stabilité d’American Airlines
Robert Isom a maintenu un niveau de rémunération relativement constant au cours des deux dernières années. Cependant, son salaire de 13,9 millions de dollars contraste avec les difficultés financières plus larges de la compagnie aérienne ; à titre de contexte, ce chiffre représente environ 13 % du bénéfice net d’American Airlines.
Contextualiser les chiffres
L’ampleur de ces salaires soulève une question fondamentale sur le modèle d’entreprise américain. Les PDG basés aux États-Unis gagnent beaucoup plus que leurs homologues des compagnies aériennes internationales, une tendance motivée par une culture d’entreprise qui lie fortement la rémunération au cours des actions et aux rendements pour les actionnaires.
Alors que les compagnies aériennes sont notoirement des entreprises difficiles à gérer en raison des coûts élevés du carburant, d’une concurrence intense et de faibles marges bénéficiaires, les structures de rémunération de ces dirigeants sont conçues comme s’ils exploitaient des entreprises à marge élevée.
Résumé : Suite à l’expiration des plafonds salariaux imposés par la pandémie, la rémunération des PDG des compagnies aériennes américaines s’est stabilisée à des niveaux élevés. Alors que Scott Kirby de United est en tête du peloton, les tendances variables entre Delta, Southwest et American mettent en évidence à quel point la rémunération des dirigeants est étroitement liée aux performances de chaque compagnie aérienne et aux fluctuations boursières.
